30 octobre 2016

Le Templa

N’est pas Jack London (1876-1916) qui veut ! Il écrivait son millier de mots quotidien où qu’il se trouve. Nous n’avons pas cette énergie intérieure lorsqu’arrive le moment de rédiger le compte-rendu de la sortie dominicale. Comment s’y prendre pour intéresser le lecteur et lui donner envie de parcourir les sentiers empruntés lors de ces randonnées, comment ne pas le lasser par un discours qui deviendrait vite standard ? Essayons encore une fois.

Nous sommes 15 au départ de Colomiers ce dimanche 30 octobre. Il ne fait que quelques petits degrés mais heureusement beaucoup plus tout au long du parcours sous le soleil chaud et un ciel sans nuages.

Deux groupes de niveaux différents se forment au col de Balès (1 755 m). Le nôtre, fort de 9 personnes, s’engage en direction d’un port à la côte 2 021 m. 200 mètres après le départ, des chasseurs ont placé un panneau de danger annonçant une chasse au sanglier. Hésitation… le chasseur hélé en contrebas nous autorise à continuer car celle-ci se déroule plus bas dans la vallée.

La piste nous mène jusqu’au pied du Templa (2 121 m). Une petite montée dans l’herbe et nous voici au sommet. Des vautours fauves tourbillonnent, proches par curiosité pour nous et lointains pour d’éventuelles carcasses. Attendent-ils la fin de la chasse en profitant de la chaleur et du petit vent de la journée pour tourbillonner et surveiller leur territoire ? En tout cas le spectacle est toujours magnifique et nous ne nous en lassons pas.


De retour au col, nous poursuivons par une sente créée par les marcheurs et les animaux jusqu’au mont Né (2 147 m). Il fait vraiment chaud pour une fin octobre, nous ne saurions nous en plaindre ! Piquenique en admirant les montagnes qui nous entourent. Les plus expérimentés au savoir encyclopédique ne sont pas présents pour nous aider à reconnaître les pointes au loin. Cependant nous distinguons le plus reconnaissable : le Pic du Midi mais pour les autres… c’est approximatif ! Deux choucas (ou corbeaux ?) passent joueurs. Ce sont les seuls animaux que nous verrons car ces proies sont dédaignées par les chasseurs, leur chair est immangeable et ça ne vaut pas un coup de fusil. Par contre pas une palombe, elles ont dû twitter entre elles et se signaler les 2 tartarins du dimanche postés en contrebas. Pas si bête ces bêtes ! Tant mieux.

Arrive un chien Pyrénéens ou Patou avec ces maîtres, il n’a pas grandi dans un troupeau de montons et se laisse caresser. Quelle taille !!!

13h, nous repartons, descente ver le col de Pierrefitte (1 855 m) jusqu’au lac de Bordères (1 765 m). Sur ses rives se trouve un monde fou, ce qui est inhabituel pour nous : des familles avec enfants en bas âge et pourtant le parking est loin. Ils barbotent joyeusement dans l’eau.

L’herbe est rase et verdoyante car tondue et retondue par des chevaux courtauds. Ils s’estiment chez eux et s’imposent. Ils s’introduisent au milieu d’un groupe, quémandent (quoi ?) des caresses ? Une gourmandise pour eux du sel.

Les pentes douces invitent au repos : le lieu est idyllique mais il nous faut penser à rejoindre nos voitures. En avant donc sur une piste forestière interminable, sans intérêt, peut-être aurait-il mieux valu faire la boucle dans l’autre sens et parcourir ce pensum en guise d’échauffement !

Enfin le point de départ, le col de Balès où sont garées 30 ? 50 ? voitures dont les nôtres. Il y en aura beaucoup plus le jeudi 13 juillet avec la 12ème étape du tour de France Pau–Peyragudes (214 km).

Le second groupe (6 marcheurs dont le vaillant « p’tit Bernard ») choisit de tourner le dos aux reliefs du Templa et du Mont Né. Nous suivons la croupe frontalière entre la Barousse (65) et l’Oueil-Larboust (31) en direction de l’Entenac, moult fois « fait » par les Cémécistes de tous bords. Il n’y a pas un côté que nous n’ayons pas gravi. Aujourd’hui, le plus facile nous permet de nous gaver de panoramas grandioses sur la chaîne pyrénéenne (pour un « piémont », faut le faire ! non ?) du Vicdessos au Pic du Midi de Bigorre. Le Sacroux, le Maupas, l’Hourcade et tant d’autres s’offrent à nos yeux de « marcheurs ». Cette dégustation nous ralentit, nous freine tant et si bien qu’il est presque 13h lorsque nous renonçons à 1,5 km du but. Mais là encore, le 360° est grandiose… nous voyons au loin les panaches de la centrale de Golfech. La grande plaine du Sud-Ouest est là à nos pieds. Le retour s’effectue par le même chemin dans « un bain de soleil » revigorant.

Nous regagnons le Port de Balès après 12 km et 430 m de dénivelé. Une mention spéciale à Bernard qui a bien mérité son « maillot à pois » car non content de passer tous les cols en tête, il nous grille la première place sur la ligne d’arrivée.

A la prochaine…

Pot de l’amitié à Moléon-Barousse.