dimanche 8 janvier 2017

Fanjeaux – Site pôle du pays cathare

Il aurait pu être moins une que par moins cinq degrés d’aucuns se découragent... Que nenni, trois dignes représentantes de la gent féminine et deux messieurs étaient au rendez-vous à l’heure et de bonne humeur.
Direction Fanjeaux, autrefois “Fanum Jovis” (Temple de Jupiter), accrochée à un piton rocheux à 360 m d’altitude. Cette petite commune est un haut lieu historique du Lauragais, entre les Pyrénées et la Montagne Noire, offrant par beau temps (ce fût presque le cas hier) un point de vue exceptionnel sur 7 départements.

Autrefois Cité médiévale dotée de 3 000 âmes, aujourd’hui, chef-lieu de canton, la commune ne compte plus que 860 habitants.

Un peu d’histoire… car faire travailler son cerveau est autant bénéfique que faire travailler ses muscles…

Ancien oppidum, temple romain, Fanjeaux est au Moyen-Age une cité de 3 000 habitants, aux fortifications dotées de 14 tours, détruites au cours des temps. Fanjeaux fut intimement lié aux événements qui secouèrent le Languedoc au XIIIe siècle, en devenant l’un des bastions du catharisme en Lauragais. Fanjeaux fut au centre de la prédication contre l’hérésie cathare. Dominique de Guzman (futur Saint Dominique), installé à Fanjeaux de 1206 à 1215, tenta, par ses prédications de ramener à l’Eglise Catholique Romaine la noblesse locale acquise à l’église des « Bons Chrétiens » ou Eglise Cathare.

En 1207, la joute oratoire qui opposa Dominique à Guilhabert de Castres, évêque cathare, aboutit à l’ordalie (preuve par le feu). D’après la tradition, les écrits des deux orateurs furent jetés dans les flammes, ceux de Guilhabert de Castres brûlèrent, alors que ceux de Dominique s’élevèrent par trois fois au-dessus des flammes, jusqu’à atteindre une poutre du plafond. Cette poutre, dite du « Miracle du feu », est actuellement à l’église paroissiale, les habitants de Fanjeaux l’y ayant transportée solennellement en 1820, après l’effondrement, sur les lieux du miracle, de la chapelle qui l’abritait au couvent des Frères prêcheurs… 

Ceci étant fait, le récit peut reprendre.

Une fois bien équipés, car le froid était de la partie, nous avons entamé notre cheminement qui s’annonçait comme une marche tranquille et sans difficulté… Sans difficulté n’est pas le terme que j’emploierai ici, car dans toute randonnée il y a un moment où il faut remonter ce qui a été descendu. Vous connaissez votre narratrice, je vous ferai donc grâce ici des difficultés mineures rencontrées, curieusement au cours de descentes, dont une particulièrement, ou Hervé nous a gratifiés d’une chute spectaculaire qui s’est achevée in extrémis avant le plongeon dans un ruisseau glacé… (après nous être assurés que tout allait bien, la nature humaine reprenant le dessus, quelques rires discrets fusèrent…) Il faut dire que la personne en question avait “oublié” ses chaussures de marche dans le coffre de sa voiture… Ce qui ne mérite également aucun commentaire sarcastique, quoi que ???
Cheminer, deviser, partager, échanger, tel est le bénéfice de toute randonnée et lorsque le paysage s’y prête et que tout va pour le mieux, on en oublierait presque la sacro-sainte pause miam-miam. Jean-Pierre n’étant pas là nous l’avons un peu dépassée. Jean-Pierre, si tu me lis… sans rancune. Nous avons cherché (pas longtemps) et trouvé un petit abri sous un bouquet d’arbres dont l’un d’entre eux a servi de “porte-sacs et bâtons” (cf.photo). Nous avons connu des pauses plus longues, mais froid oblige, nous avons écourté ce moment convivial. Pour une fois, le thé ou café chauds “ des thermos” étaient les bienvenus (nous avons connu plus festif et plus goûtu).
Arrivés au point culminant de la balade, nous avons dû nous contenter des explications des tables d’orientation qui pourtant, décrivent avec précision tous les sommets alentour (dont le Mont Valier, cher à nos intrépides grimpeurs du CMC…) entre autres bien évidemment, mais hélas, malgré une météo pas vraiment désagréable, il manquait tout de même quelques couleurs à cette palette pour nous faire profiter du panorama certainement magnifique par ciel bleu.

Le retour vers le village s’est effectué sans encombre. Nous en avons fait le tour ce qui ma foi ne dure pas longtemps. Une église gothique imposante, une halle du XVIIIe, quelques ruelles authentiques, un monastère (le monastère de Prouilhe) qui abrite une cinquantaine de moniales.

Si parcourir en fin de randonnée des villages qui nous laissent pantois, admiratifs, émerveillés, je dirai que celui-ci pour ma part ne m’a fait aucun de ces effets. Reste à souhaiter que l’été il reprenne vie et couleurs.