20 mars 2017

Le Pic du Bacanère

En marchant, chez moi, il n’y a pas que les muscles locomoteurs qui travaillent mais aussi le cerveau.
Par politesse et convention, nous nous nommons au sein du CMC, comme partout dans les associations me semble-t-il, par nos prénoms. Alors, il m’est revenu en mémoire le film de Claude Sautet : Vincent, François, Paul… et les Autres (1974).

Premièrement, comme dans le film nous nous retrouvons souvent en fin de semaine et nous avons aussi un François. Pour cette sortie nous avons formé 2 groupes de niveaux : Christine, Jean Pierre, François, Patrick, Alain, Luc…et les Autres. Par courtoisie, il convient aussi de citer leurs prénoms : Dominique, Brigitte, Yolande, Éric et…

Le scénario est toujours le même. Lever très tôt le matin, rendez-vous derrière la mairie, départ à la seconde près, environ deux heures de route, montée plus ou moins longue, extase face au superbe, admirable, merveilleux, beau, splendide, remarquable, somptueux, formidable...panorama, repas tiré du sac, quelquefois le retour se fait par une boucle c’est-à-dire un autre trajet, descente et pot de l’amitié.

La question est toujours la même au sujet du compte-rendu : comment intéresser le lecteur ?

L’objectif du premier groupe est l’ascension du Bacanère (2 193 m), pour le second, la cabane de Salode (1 549 m).

Trouvant peut-être la randonnée trop tranquille ou voulant éprouver notre solidarité, notre accompagnant, par un acte manqué, laissa son sac dans sa voiture au départ. Intéressant pour notre pitch car la situation est totalement nouvelle. Rigolades, bien sûr, de notre part car le (petit) malheur des uns fait le bonheur des autres, c’est bien connu ! Mais, rapidement des propositions de nourriture arrivent de toutes parts et en guise de sac à dos, nous proposons une besace à chaussures faite maison avec heureusement de grandes anses de telle manière que notre infortuné camarade pu, toute honte bue, se joindre à nous en enfilant les lanières autour de ses épaules et transporter le minimum vital. Cet événement fera date.

Deuxièmement, le titre du film, une suite de prénoms, soulève des interrogations quant à ces derniers. Par exemple : ceux-ci nous étant attribués dès notre naissance serait-il cependant, pour quiconque, de le deviner, en proposant une liste restreinte de nom de baptême et ce à la simple lecture du visage du randonneur ? Autrement dit : l’étiquette attribuée dès les premiers jours de notre vie s’exprimerait-elle dans nos traits souvent burinés par les nombreuses heures de marche ? Notre passion de la montagne se lit-elle sur notre bobine ? Intéressant non ! Il faut bien quelques heures de rando pour résoudre ces problèmes, au moins pendant ce temps nous pensons moins à nos petits bobos.

Eh bien oui, des chercheurs ont prouvé que les éléments de notre vie finissent par déteindre sur notre visage.

Nous avons souvent une idée préconçue de ce à quoi doit ressembler un François ou un Amaury, une Ginette ou une Marie-Amélie, par exemple. Certain(e)s useront leurs chaussures sur les chemins caillouteux quand d’autres cireront la selle de leur monture… Certain(e)s boiront à même une gourde d’eau froide quand d’autres se saisiront délicatement de leurs tasses d’eau chaude (thé en anglais) en soulevant le petit doigt…

Vous lirez, avec intérêt, le compte-rendu détaillant le parcours :

11 participants : 5 dames – 6 messieurs
Du village de Gouaux-de-Luchon (940 m), cabanes de Salode et Mouscadé puis Pic de Bacanère.

De Colomiers à 7h, départ de la randonnée à 9h15, nous traversons le joli petit village de Gouaux de Luchon et nous poursuivons par une piste sinueuse (autorisée aux 4X4).

Nous nous divisons en deux groupes (prévu cabanes/pic). Après quelques embranchements de pistes, nous restons sur notre balisage jaune et panneaux indicateurs qui nous amènent à la Cabane de Salode (1 549 m) en 2 h (cheminée, eau, 20 places).

Déjà le spectacle est saisissant sur les sommets du Luchonnais drapés de blanc sous un soleil éclatant.

Après une petite halte « grignotage » nous repartons. Nous rencontrons, sur le chemin, les premiers névés et au bout d’une heure, en évitant les pentes raides, La Cabane de Mouscade (1 876 m) (fermée, un peu cachée pour certains...) des randonneurs et des « trailleurs » qui nous ont rejoints.

Nous poursuivons notre itinéraire par un petit détour où nous laissons à gauche le petit étang gelé de dessous puis direction la crête frontière (borne 405), après avoir pris pied sur cette crête (GR10), nous continuons plein sud. Nous nous arrêtons à un petit collet pour chausser nos crampons et par une pente soutenue atteignons le PIC.

Il est 13h, le panorama à 360° est magnifique (du Cagire au lointain Néouvielle/Pic Long/Pic du Midi en passant bien sûr par le massif de la Madaletta/Aneto). La température est printanière (quelques couples au sommet), nous prenons le repas avec un randonneur et son chien.

Après une heure au sommet nous redescendons et rejoignons nos amis(es) restés aux cabanes, puis reprenons ensemble la descente au village, il est 17h. Pot de l’amitié à Saint-Gaudens.

Merci Dominique pour les gâteaux « maison » et les gourmandises « diverses ».

Arrivée à Colomiers autour de 20h30 (circulation, bouchon).

Anecdote !!!! Ne pas oublier son sac à dos à Colomiers… dans la voiture, merci pour votre aide et le ravitaillement.

      Matin de printemps
      Mon ombre aussi
      Déborde de vie

                                 Kobayashi Issa (1763-1828)


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