dimanche 21 mai 2017

Le Pic de l'Oussouet

Ce dimanche, libre d’élection, nous permettait d’envisager une sortie plus lointaine et plus longue.

Dans la classification céméciste, il s’agissait d’un niveau 2 : 17 km de long avec 1 200 m de dénivelé. Pour minimiser la participation financière des randonneurs intéressés, nous avons établi une règle passagère : être un multiple de 5 marcheurs.
Donc dimanche matin de bonne heure nous embarquions à 5 dans une voiture pour se « faire » le Pic d’Oussouet (1 873 m). Il s’agit d’un dôme débonnaire se situant près de Bagnères-de-Bigorre et face au superbe Pic du Midi.

Dès la sortie de Germs-sur-l’Oussouet, sous un beau temps prometteur nous attaquons, le mollet léger, notre marche, nous sommes venus pour cela. D’autres, un peu moins courageux, continuaient en voiture et raccourcissaient de 2 bons km la sortie. Tant mieux pour eux et aussi tant pis, car au retour nous avons pu suivre une fine trace continue d’huile. Eh ! Oui, les voitures sont basses et la roche saillante et aiguisée, le bouchon de vidange n’a pas résisté. Bonjour les dégâts, mieux vaut quelques ampoules en plus…

Impossible de ne pas passer près de la cabane « bleue », c’est le bâton de la sucette. Nous sommes en niveau 2 donc obligation de parcourir les crêtes pour rejoindre l’objectif. La descente du Cuq de Crémail est sévère, les bâtons nécessaires, nous arrivons tous entiers au col du Roc de la Courade (1 587 m).

Superbes paysages sur la vallée avec les villes de Tarbes et Lourdes en arrière-plan et des dômes, style volcan auvergnat ou reliefs vosgiens, d’un magnifique vert tout frais en premier plan.  Nous devinons qu’il doit plus pleuvoir qu’en Ariège pour que la végétation soit aussi éclatante.

Le retour se fera par un des multiples chemins créés par les moutons, rendons grâce à l’intelligence pratique de ces animaux, car leurs sentiers épousent les courbes de niveau. Nous revenons donc confortablement en passant en niveau 1, de la distance mais peu de dénivelé.

Notre guide du jour, Christine excellente d’ailleurs nous n’avons jamais fait de demi-tour, s’était équipée de ceinture et bretelles c’est-à-dire de GPS et cartes du lieu aux 25 000. Ne rions pas, c’est peut-être superflu par ce temps, mais absolument indispensable un jour de mauvais temps et il n’est pas rare que la brume « monte vite ». Sortie à absolument déconseiller si le plafond est bas, les crêtes sont bordées par des falaises, pas de simples barres rocheuses, non des a-pics. En plus aucune marque de couleur, de cairns pour s’orienter et vu le nombre élevé de sentes de moutons, il est facile de se perdre.

Vu de nombreux rapaces : vautours fauves, milans noirs et royaux, faucons et autres non identifiés ; peu de fleurs.

Par contre ces estives sont très largement fréquentées par vaches et moutons ce qui veut dire qu’elles sont jonchées de bouses et autres crottes ce qui veut dire qu’il était difficile de ne pas marcher sur les déjections et surtout les bousiers en plein travail. Il serait fort dommageable de les écraser car nous ne saurions trop louer leur admirable travail. Permettez-moi de vous rappeler cette petite histoire.

Intitulons-la : bouse-toi de là.

Lorsqu’à la fin du XVIIIe siècle, les premiers colons d’Australie introduisent les bovins, le bousier indigène se trouva fort déboussolé. Lui qui était habitué aux bouses légères des marsupiaux du coin (kangourous, koalas…) le voilà confronté aux lourds et gras cacas de Marguerite et ses copines. Malgré tous ses efforts, lui et ses potes ne parviennent pas à recycler ce nouveau millésime. En conséquence, les prairies australiennes se muèrent en de vastes étendues de bouses humides où l’herbe ne pouvait plus pousser privant paradoxalement les vaches, coupables du fait, de pâturage. Après avoir tenté de nettoyer elles-mêmes par des moyens dérisoires et en vain, les autorités locales trouvèrent la solution dans les années 1960 : importer massivement des bousiers africains et européens rompus à la désintégration des crottes bovines. Mais il aura tout de même fallu 15 ans d’importation et d’acclimatation pour que les prairies australiennes retrouvent leur équilibre. Alors convaincu de l’importance de leur tâche !

Pot de l’amitié, avec pour une fois un choix important de bistrots, à Bagnères-de-Bigorre.

Arrivée à 19h30 à Colomiers, fatigué mais ravi de notre escapade. Merci à Christine.