2 juillet 2017

Le Pic de Séron

Enfin, voilà une vraie sortie de niveau 2. Au programme, le pic de Séron (2 489 m) situé non loin de la station de Guzet.

En utilisant le système de cotation IBP/index de la FFR, cette sortie est cotée 99. Un score compris entre 76 et 100 correspond au niveau 4, c’est-à-dire que cette randonnée est assez difficile à difficile selon le niveau d’entrainement puisque nous tutoyons en approchant de 100 le niveau 5 réputé difficile. Voir pour les curieux le site de la FFR.

Christine, en enfilant ses nouvelles compétences d’accompagnatrice (félicitations) prit toutes les précautions pour que la sortie se déroulât au mieux, sécurité oblige. A la réunion de jeudi, elle présenta le profil et énuméra les difficultés que nous allions rencontrer. Chacun(e) des présents put juger sur pièces de sa possibilité ou non de s’inscrire et c’est donc un petit groupe, une voiture seulement qui répondit présent. Elle évita, en toute connaissance de cause, les niveaux supposés, un peu comme la blague qui courait au sujet de l’obtention de son permis de conduire : le trouver dans un paquet de Bonux !

Départ à 7 heures à l’emplacement habituel.

La difficulté d’approche résidait dans le parcours des derniers km car la route se transformait en piste. Serait-elle carrossable pour le type de véhicule, standard, dont nous disposions. Oui et non. Nous avons pu parcourir les 3/4 de la piste mais la fin nous a servi d’échauffement à l’aller et de récupération au retour.

Ambitieuse, Christine nous proposa une boucle : le Cirque de Gérac (1 806 m), la cabane de Turguilla (2 064 m), le col (2422 m) et si absence de névé ou de gyspet rendu très glissant par l’abondance des pluies, le sommet du pic de Séron, le retour se ferait par l’étang d’Aubé (2 087 m).

Dès le départ, le chemin se transforme en via ferrata. Pour passer les difficultés le long de barres rocheuses, il y a des équipements fixes (câbles, échelles, escaliers en rond de béton) qui nous aident à franchir ces obstacles. Tranquillement nous approchons de la cabane de Turguilla ou nous nous reposons quelques instants. Celle-ci a été retapée en 2009 et les randonneurs ne l’ont pas dégradée depuis. Elle dispose d’un insert et de 6 couchages. Pensez à monter du bois si vous y séjournez car les arbres sont absents à cet endroit et il serait dommage de se transformer en Bernard Palissy en brûlant le mobilier.

Les choses sérieuses commencent juste après ce court repos. Il nous faut monter en continu jusqu’au col par un chemin balisé mais assez détrempé. Le ciel se dégage au fur et à mesure de notre ascension, nous allons bientôt dominer une mer de nuages du plus joli effet. Le col atteint, il ne reste qu’une soixantaine de mètres à grimper mais la pente herbeuse est vraiment très raide et rendue glissante par les récentes pluies et chutes de neige. Ce n’est pas tant la montée qui pose problème, le nez sur le sol nous ne nous soucions pas du gaz et le poids du sac ne nous tire pas vers l’abîme, mais il faudra bien redescendre. Une chute est vite arrivée. Que faire ! Le sommet est tentant. Nous y apercevons un couple donc il est  «⁦⁦­faisable ». Nous nous concertons et décidons de déjeuner sur le Pic.

Étaient-ce l’heure avancée, 13h30, les efforts fournis, l’altitude, le fait d’être plusieurs, car nos comportements sont influencés par la présence des Autres ce que l’on nomme : la facilitation sociale, toujours est-il que nous mangeâmes avec fort bon appétit même si le pique nique était quelconque.

Nous le disons dans tous les commentaires, ça devient un poncif, mais la vue de ces sommets alentours est vraiment magnifique et c’est ce qui nous encourage à grimper si haut et à souffrir autant. La brume qui nimbait les sommets ajoutait un joli effet de hautes montagnes. Du pur bonheur.

Après 1 heure de repos, ce qui s’avéra le plus difficile nous attendait. D’habitude, nous comptons les 2/3 du temps de montée pour la descente. Que nenni, pas pour atteindre l’étang d’Aubé. Le chemin est vraiment tourmenté. Ce n’est qu’enchevêtrements de blocs souvent glissants, que passages de rus débordants, de dédales et de labyrinthes qui nous obligent quelquefois à remonter enfin une succession de chausse-trappes.

Il y eut bien quelques chutes mais sans gravité. Il fallait être très vigilants d’où une progression lente et disposer de genoux et de hanches en bons états, bien huilés dûment entretenus, pas d’occasion. Bref, une bonne mécanique dans un corps sain.

Heureusement, nous ne descendons pas jusqu’aux berges de l’étang. Nous le surplombons pour atteindre, enfin un chemin, digne de ce nom, qui nous mène jusqu’au col surplombant le cirque de Gérac. Retour vers la voiture en décontractant quadriceps et autres jumeaux, ils ont suffisamment poussé aussi bien dans la montée que la descente. La langue aussi a bien fonctionné.

Avertissement au lecteur :

Deux cas se présentent. Si vous êtes un pur et dur du compte-rendu, un montagnard pur sucre, un musculeux avec une haute barrière psychologique mieux vaudrait que vous sautiez le passage suivant. Il pourrait vous paraitre hors sujet.

Par contre, si vous êtes aussi généreux, pour donner, que dans vos efforts prodigués sur votre terrain de jeu préféré, si vous supportez la lecture d’un narrateur, peut-être atteint du syndrome (épistolaire) de Gilles de la Tourette et amateur de San Antonio, alors je vous encourage à poursuivre la lecture.

En effet, je vais faire appel à dons en m’inspirant fortement d’un article et en essayant d’en tirer la substantifique moelle (hi, hi…) : microbiote, un nouveau médicament plein de promesses, paru dans Le Monde du 28/06/2017.

Pourquoi un randonneur (se) ? Parce qu’il faut des adultes sains et généreux. Et vous en êtes.

De quoi s’agit-il ? Au plus profond de votre Être se cache un trésor : le microbiote, excusez du peu, il se compose de 100 000 milliards de micro-organismes. Bien sûr et hélas nous en avons tous fait l’expérience, la machine se dérègle de temps à autre : diarrhées, maux de ventre… dans les cas les plus sévères les médecins utilisent la TMF pour soigner les patients et même en 2013 l’ANSM * a conféré à la TMF le statut de médicament. 

Mais que cache le sigle TMF ? Eh bien c’est la transplantation de matières fécales. Si, si. Déjà qu’il faut pleurer pour donner son sang, encore plus sa semence alors imaginer ses selles ! Voici mon appel :

     Amis randonneur(ses), au cul, aucune hésitation
     Dévoilez vos fesses, offrez vos fèces pour la science
     Tous(tes) sur le pot pour ceux qui n’ont pas le pot
     D’avoir un bon macrobiote
     Soyez généreux dans votre poussée comme vous l’êtes dans la montée.

Sans transition, nous prenons le pot de l’amitié à Seix (ça ne s’invente pas, décidément nous restons dans le même registre). Retour à Colomiers vers les 21h30.

Bonnes randos à tous sur les chemins et soyez heureux d’ici là.

*ANSM : Agence Nationale de Sécurité du médicament.