3 septembre 2017

Le Soum de Salette

Ce qui compte, ce n’est pas la destination, aujourd’hui le Soum de Salette, c’est le voyage, disait l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson. Il nous l’a fait gouter dans son savoureux « Voyage avec un âne dans les Cévennes ».

Pour nous cémécistes, le voyage est toujours un pensum, il s’agit d’un accès vers notre terrain de jeux avec des départs toujours très tôt, aujourd’hui les trois marcheurs étaient à 6h30 au lieu de rendez-vous, ce qui nous permit de démarrer notre rando à 8h20.
Nous remontons la vallée de la Neste de Badet. Joli petit ru alimenté par le lac de Badet, grossie par la Neste de la Géla, elle devient la Neste d’Aragnouet, elle va bientôt baigner la plaine de ses claires ondes, mais l’un des plus beaux est Garonne qui vagabond en son cours, aussi bien que douteux en sa source, va serpentant par les plaines depuis les hautes montagnes de la Maladetta de Saint-Gaudens jusqu'à Agen où recevant Tarn et Lot, et lui faisant perdre son nom propre devient Gironde et l’emporte pour tribut à l’Océan

Déjà sur notre gauche de beaux sommets surplombent la vallée. Le sentier est confortable, la pente est douce mais ce beau sommet se mérite !! Car nous marchons, marchons jusqu’à la bifurcation vers le Port de Campbiel à 2590 m ou après avoir avalé quelques graines et fruits secs pour nous redonner un peu d’énergie nous reprenons notre cheminement. Le sentier zigzague entre pierriers et falaises, il est toujours aisé à parcourir, mais un peu plus pentu !!! 

Nous voilà au port, au vent et au froid. Nous nous abritons tant bien que mal derrière un mur de pierres pour encore prendre des forces mais cela ne suffit pas à nous réchauffer, le vent est glacial, il nous oblige à reprendre notre course. Le cheminement devient plus pentu, il nous faut éviter les rochers ce qui nous oblige à faire quelques enjambées. La pluie commence à tomber et même un peu de brume à se lever. Le froid nous arrête, nous enfilons les gants. Les mains sont maintenant au chaud. Il est vrai que nous perdons beaucoup de précieuses calories par les extrémités, autant se protéger.

Le sommet s’approche, les pierres, roches plus nombreuses, des gravillons nous obligent a bien assurer nos pas. Et nous voilà à 10 mètres en dessous, galamment notre compagnon de course s’arrête et nous invite à être les premières à fouler les 2976 m du Soum. Honneur aux dames dit-il. Merci Monsieur !!!! Sur le Pic, nous avons l’impression d’être les seuls au monde. Nous profitons d’un panorama grandiose avec les sommets du côté de Gavarnie, le Vignemale, La Mounia le cirque de Troumouse … Quelle émotion !!! Quelques beaux voiliers au loin, des vautours !!!

Nous profitons à peine de notre repas, le froid nous en empêche et nous oblige à abandonner notre magnifique promontoire. 400 m plus bas nous voici au col et cachés du vent, nous terminons de nous restaurer. La roche semble presque chaude. Et nous retournons sur nos pas. Les fleurs de chardons sont fanées, d’autres plantes d’un bleu soutenu éclairent les roches. Noires, certaines sont veinées de blanc de quartz. Une belle géométrie de lignes droites.

Et voilà les moutons, on se regarde. Que pense-t-il ? Me considère-t-il comme une « méchante » carnivore supposée être à la fois immorale, anti écologiste et gloutonne ou au contraire une « gentille » véganne soucieuse de l’environnement et contre l’élevage industriel ? Vaste question à la mode !

Une trace dans l’herbe, nous abandonnons notre sentier bien marqué pour rejoindre l’autre rive de la Neste de Badet. Après une descente à travers le Gyspete et autres herbes rudes nous traversons le ruisseau et retrouvons le sentier qui arrive d’un peu plus haut du lac de Badet. Encore des roches aux formes extraordinaires, comment la nature fait-elle pour offrir autant de belles constructions ? Deux marmottes grassouillettes fuient vers leurs terriers. Elles ont fait des réserves pour l’hiver.

Notre sentier en balcon nous offre un paysage bucolique, les vaches qui broutent, l’une imposante, paisible surveille ses petits veaux. Trois touristes d’Allemagne s’en approchent, j’ai peur d’un mauvais réflexe !! Pour défendre leurs progénitures, les femelles sont redoutables, voire dangereuses.
Plus loin un chien de berger, rassemble un troupeau de moutons. Ils forment un cercle et le Border Collie les surveille en tournant indéfiniment autour du troupeau.

Et… voilà… une dernière petite montée et nous avons terminé notre magnifique course. Nous rentrons sur Colomiers après un petit moment au café !!!