4 mars 2018

Le Carnaval 2018

La F.A.C. (Fédération des Associations Columérines) était une fois de plus et sous la houlette de son dynamique Président à l’initiative de cette manifestation majeure de Colomiers : sa cavalcade...
Le carnavaleux congédie l’année passée et rentre dans sa nouvelle vie en se déguisant, en montant des chars et avec l’aide de musiques stimule le renouveau car il y a très longtemps, l’année démarrait en mars avec le printemps.

Volent les confettis
Serpentins, boules de papier
Carnaval je t’aime.

    

Avez-vous eu la chance d’observer les regards des nombreux enfants tout au long du parcours ? Vous avez vu cet éclair dans leurs yeux écarquillés au passage de notre char ? Idéalement placé à côté de la remorque, tout au long du périple, en quelque sorte invisible, j’ai pu observer leurs expressions.
En regardant notre nounours, leurs yeux s’enflammaient, leurs visages n’exprimaient qu’émerveillement. Un seul de ces coups d’œil amoureux envers « JOJO » nous payait de tous les efforts fournis, du stress emmagasiné tout au long de ce mois de préparation. Ça valait le coup de s’investir avec autant de détermination auprès de Philippe. J’espère que nos photographes auront pu en saisir quelques-uns. Qu’y voyaient-ils ? 
Il faut se rappeler que les familles ursines sont organisées sur le même modèle que sa famille et grâce à la qualité expressive du visage magnifiquement réalisé par Dominique, notre gamin pouvait se projeter, mon papa grand et fort ou ma maman tendre et aimante pourront toujours venir à mon secours si un danger me menaçait. Sans le savoir, notre fabrication véhicule un idéal familial à atteindre, l’enfant le ressent parfaitement et s’en délecte.

Ça marche aussi pour les écolos qui ont réclamé à cors et à cris leur réintroduction mais pas pour les bergers qui se souviennent des dégâts faits à leurs troupeaux. Nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, heureusement les enfants étaient largement plus nombreux que les pâtres. Seuls les cémécistes ont reconnu leur logo.

Le char et ses différentes lectures, c’est vous Abeilles (mâles ou femelles). Par procuration, un peu comme un artiste sur scène qui enthousiasme son public, se fait applaudir et bien sûr en redemande, vous pouvez être fières de votre construction, tant pis pour les Frelons qui sont restés à la maison. (*)
L’attitude des spectateurs est la variable la plus importante sur laquelle je peux bâtir ce compte-rendu. 
A l’inverse du traditionnel rapport de randonnée, peu importe l’heure de départ, d’arrivée, le parcours ou la météo, toutes ces contingences étaient fixes et sans intérêt pour cette fois. Cependant… Après un démarrage assez pénible du cortège, il fallait trouver la clé du portail et sa place au sein du défilé, le public s’est massé autour des 9 chars, des bandas et autres attractions.
 
Il faut reconnaitre que la composition de ce Carnaval était assez éclectique et pouvait satisfaire les spectateurs de 7 mois à 77 ans, mais attention à la crise cardiaque pour les plus fragiles. En effet, deux cortèges de « Brésiliennes » très peu vêtues malgré la fraîcheur ambiante ont, comme d’habitude, fait monter la température de quelques degrés en se déhanchant sur des sambas bien rythmées.


Cette année, le service d’ordre encadrant le char était essentiellement composé de dames et c’est une bonne chose. Comme Goethe le notait : « Le carnaval est une fête qui n'est pas donnée au peuple mais que le peuple se donne à lui-même.» En appliquant ce principe, nos Abeilles déguisées en montagnardes ont activement participé à l’animation en lançant d’une main experte force confettis, tout en étant vigilantes. Un dialogue s’établissait avec les spectateurs car ceux-ci rendaient la monnaie dans une ambiance festive.
Nous arrivons vite à la fin du parcours, pour raison de sécurité, le tracé dans les rues de Colomiers était assez court mais la fête urbaine n’en est pas terminée pour autant. Si cette manifestation est en général une inversion et même une subversion des bonnes règles de société, il faut remettre tout en ordre. Cette contestation exprimée dans la dérision doit avoir un coupable : c’est Monsieur Carnaval. Un procès s’instaure sur la place publique, le jugement est toujours le même : la mise à feu purificatrice du personnage qui remettra la cité en bon ordre de marche jusqu’à l’année prochaine.

Heureusement, aux dernières nouvelles, JOJO ne subira pas le même sort. Pas de flammes de l’enfer, pas de poussières dues au remisage dans un quelconque hangar, une deuxième vie lui est promise au sein d’écoles. Il n’est pas parti pour le paradis des Ours ; on lui a trouvé un gîte d’où il pourra partir vers de nouvelles aventures. Il a reçu un soutien massif car beaucoup de personnes se sont opposées à « son élimination ». Notre tâche s’est achevée par le stockage de JOJO à Trinquebeurre (local de l’association du Battage). Un grand merci à eux. 

Longue vie à JOJO, le valeureux plantigrade, héros des livres d’enfants.

(*) Lecteur curieux, vous lirez avec intérêt la parabole des abeilles et des frelons de Saint Simon (1816).


Remerciement à Philippe… et sa moitié
Qu’il est joli notre char,
Quelle énergie déployée pour la construction de cette voiture de Carnaval comme diraient nos cousins canadiens.
Que de mains y ont travaillé, de personnes impliquées. Un grand merci à tous et à toutes.
 

Mais, il a bien fallu un chef d’orchestre pour organiser cet essaim disponible et pétri de bonne volonté.
En guise de reconnaissance : merci aussi à lui.
 

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !
On pourrait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
Alors, continuons à parodier une partie de la célèbre tirade du nez de Cyrano de Bergerac : 

En variant le ton, – et en restant dans ce domaine :
Descriptif : « C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un capitaine !
Que dis-je, un capitaine ? … C’est un Cerveau ! »
Respectueux : « Souffrez, Monsieur Philippe, qu’on vous salue.
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
« La voilà donc cette force qui des traits de son maître
A accru l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
Mais attention, prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le nez ! »
Mais d’où tire-t-il toute cette énergie créatrice ?
De Dominique bien sûr. Ils s’alimentent l’un l’autre.
L’un faiblit, l’autre repart. Un grand merci aussi à Madame qui a su magnifiquement faire la tête… de l’ours et ainsi amener dans son sillage couturières et petites mains.
 

Ce couple symbiotique a certainement un secret, un moteur caché, une formule magique.
Nous ne sommes pas dans le secret des Dieux, peu importe, le résultat est là : qu’il est beau notre char !
 

Et traditionnellement, pour terminer, un petit haïku :
dans la neige
l'empreinte de l'homme
en pattes d'ours