Aux soutiers de la marche nordique

Soutier (au figuré) : Personne travaillant durement et discrètement pour quelqu'un d'autre.
 

C’est bien le cas de nos vaillants entraineurs en marche nordique, par ordre alphabétique : Muriel, Pascale, Philippe, Yvon ; ça tombe bien, les dames en tête ! Nous les en remercions vivement.

Un grand merci aussi à Nicolas Boileau, ne le cherchez pas dans la liste des adhérents du CMC non ici il s’agit réellement de notre grand poète quinzième enfant de Gilles Boileau.

Dans son célèbre poème : Il est certains esprits… ne nous dit-il pas, sous forme d’encouragement, que Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, soit à raison de trois séances par semaine cela ne fait que deux mois d’entrainement dans notre discipline. Ce n’est qu’un début, une année comprend douze mois alors de l’abnégation Mesdames et Messieurs et en avant, haut les cœurs !

À part le dynamisme de nos coaches qu’est-ce qui fait que séance après séance, le nombre de participants ne faiblit pas ?

Peut-être l’intérêt des parcours ? Ils varient peu. Nous avons la chance de posséder 3 ou 4 circuits dans les alentours immédiats de Colomiers mais l’entraînement ressemble furieusement aux tours de pistes que je pouvais pratiquer dans ma jeunesse et c’était un pensum. Alors…

Tournons-nous peut-être vers les bienfaits de cette pratique, ils sont nombreux et ont pour origines les sécrétions d’endorphine, dopamine et noradrénaline… Autant d’hormones produites par le corps lors d’un effort physique. Les endorphines entraînent une sensation de bien-être, de plaisir, voire d’euphorie. La dopamine stimule la vigilance, le plaisir et diminue la sensation de fatigue. Quant à la noradrénaline, elle fait fondre la graisse. Ceci peut expliquer cela c’est-à-dire la composition du panel des marcheurs.

Autre petite motivation. Anecdotiquement, les séances peuvent être pimentées par la chute d’un adhérent aux détours des chemins boueux. Vous connaissez, le malheur des uns fait… Maitre Boileau nous explique d’une façon magistrale qu’hélas le terrain peut se révéler délicat à parcourir :

J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
... et nous d’en rire méchamment.

Les séances de nuit vous sont-elles moins fastidieuses ? Pour moi sans aucun doute. Le jour, je ne vois pas la fin des lignes droites. A raison d’une vitesse moyenne comprise entre 5 et 7 km/h ça ne passe pas vite. Par contre la nuit, quand votre horizon ressemble à la toile Combat de nègres dans un tunnel, de Paul Bilhaud c’est-à-dire un a-plat totalement noir, en ne montrant rien, l’artiste déclenche des images dans notre imagination. Nous pouvons nous aussi en marchant la nuit venue, nous projeter et s’inventer un film avec plein de fantômes. Le temps passe plus vite, l’effort semble plus doux.

Un dernier emprunt à la même poésie qui parle d’écriture cette fois et pourra encourager les futurs narrateurs et soutiers eux aussi :

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Alors amis athlètes, à vos crayons, faites partager votre passion en couchant vos impressions.

N’ayez pas peur, l’anonymat est garanti.

C’est une manière de vous adresser plus directement à l’éventuel lecteur en parlant de votre sport : ainsi, puisque tu ne sais pas qui je suis, tu n’auras pas la tentation de chercher les raisons pour lesquelles je dis ce que tu lis ; laisse-toi aller à te dire tout simplement : c’est vrai, c’est faux, ça me plait, ça ne me plait pas après avoir tenté un essai sur un de nos terrains favoris.

Renseignements sur ce site.

À bientôt.

Du matin au soir
Écoutant le bruit de mes pas
Je marche.
                                                                                        Taneda Santoka (1882-1939)